Sur le corps dans le séminaire Encore, billet de Virginia Hasenbalg

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J'avoue que ce séminaire illustre pour moi d'une façon

très forte ce qu'il en est de résister au savoir, ou peut-être

plus justement à faire fonctionner le savoir pour

aborder ce qu'il en est de la vérité, que je nommerais ici

avec Lacan, la vérité du non-rapport.

Je me suis donné pour tache de parler du corps, ce qui

en psychanalyse est une chose difficile.

D’une part, il faut tenir compte du réel de l’organisme

en tant que lieu d’où part la demande. Puis, de l’image

du corps dans le miroir – image destinée à unifier ce

qui autrement se présente comme un vécu du corps

morcelé, opération rendue possible grâce à la présence

aimante du parent qui porte l'enfant.

Vous voyez déjà les registres en jeu dans ce qu’on peut

dire du corps. Mais le symbolique à une place radicale

puisque le signifiant introduit la négativisation de tout

ce qui est imaginé comme matière, substance, support

d’ordre physique dans le monde – que ce soit des

personnes ou des choses.

Rien n'est moins assuré que la consistance d'un monde,

page 73

Ceux qui sont en analyse et que j'espère sont nombreux

ici ont assez vite l'expérience du signifiant, du comment

il régit notre rapport à la réalité.

On croit vouloir une chose, on dit une autre, et

l'expérience de l'analyse est là pour nous montrer que

ce qu'on dit sans vouloir dire, est au coeur même de ce

qu'on désire et qu'on ne veut pas admettre...

Lacan rappelle (page 91) que nous sommes en face d'un

dire, et qu'il s'agit de lire les effets de ces dires

Puis aussi, Lacan dira : Il n'y a pas de réalité prédiscursive,

la réalité se fonde du signifiant. page 75

Aussi:le fantasme, support du principe de réalité. Page

133

On a donc à faire avec des signifiants qui désignent des

personnes, ou des choses fussent elles le corps ou des

parties du corps, ce seront toujours les signifiants qui

seront prévalents dans l'écoute, et non pas les supposés

référents des dits signifiants.

Or il me semble que ce qui est abordé par Lacan dans

ce séminaire ce sont les limites mêmes de cette fonction

du symbolique, le phi de x, ou fonction phallique.

Autrement dit l'extension de cet opérateur logique

qu'est le phallus, et qui fait que la matérialité des choses

découle des mots et pas l'inverse comme la psychologie

pourrait le laisser croire.

Alors Lacan va nous dire que la femme est pas-toute

parce qu'il y a toujours quelque chose chez elle qui

échappe au discours.75

Cela pose à mon avis une extériorité par rapport au

symbolique, que j'entends là comme relevant du réel,

puisque de cette extériorité elle ne peut rien dire, et

pour cause, c'est extérieur au signifiant, au discours, au

symbolique. C'est un hors langage.

Donc: pas de réalité pré-discursive mais quelque chose

qui peut échapper au discours, la pas-toute.

C'est ainsi que j'interprète la phrase: La femme exclue

de la nature des choses qui est la nature des mots. Page

125

Il dira sur le pas tout: qu'un femme a à se poser dans la

fonction phallique, autrement dit le culte du phallus qui

nous caractérise et qui nous réunit, ou bien de n'en pas

être.133 Drôle d'expression, avouons-le.

Cela rejoint la question de l'être qui nous a tant

occupés.

Ce réel que j'essaie de cerner concernant la position

féminine exige pour moi la prise en compte d'un réel

défini cette fois comme jouissance, jouissance de

l'Autre, de l'Autre incarné par une femme à travers son

corps. Jouissance que Lacan définit comme étant audelà

du phallus.

Et qu'il y a une exigence logique à dire que cet Autre là

n'est pas quelqu'un, il est caisse de résonnance pour le

signifiant Un qui fait exister le sujet.

 

 
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