Un atelier de topologie : le nĆud borromĂ©en formĂ© de trois nĆuds de trĂšfle
Un atelier est un lieu oĂč chacun est appelĂ© Ă contribuer. Ce que je vais aborder dans notre atelier porte sur des questions que je ne comprends pas forcĂ©ment Je serai donc encore plus attentif aux contributions que vous allez pouvoir apporter.
Le travail du sĂ©minaire du Sinthome est difficile ; et difficile en particulier, mais pas seulement, parce quâil y a ces nĆuds qui parcourent les leçons et que lâinterrogation que nous avons câest : mais pourquoi ?
Alors je ne sais pas si nous allons pouvoir avancer sur ces questions ce matin. Mais essayons.
Je voudrais partir de ce fait que dans la langue, les mots sont formĂ©s de lettres. Il y a cette dichotomie de la lettre et du mot. Une lettre peut aussi ĂȘtre un mot, câest-Ă -dire que câest pas le fait dâĂ©crire une lettre qui fait quâon a affaire Ă la lettre.
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dichotomie lettre / mot |
Je vous avais dĂ©jĂ citĂ© ce romain qui avait envoyĂ© en forme de clin dâĆil un message Ă un de ses amis. Il avait essayĂ© de faire bref, aussi bref que possible. Il lui avait Ă©crit : eos rus (je vais Ă la campagne). Cet ami, saisissant le clin dâĆil, lui avait rĂ©pondu : « i ». Ce qui en latin est lâimpĂ©ratif du verbe aller : « va » ! Cette lettre-lĂ , « i », câest un mot. En français, nous avons ça aussi : il a raison ; le « a » ici, est un mot.
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EO RUS I il a raison |
Lâarticulation de lettres et de mots câest quelque chose quâon va retrouver partout, notamment Ă propos de la question du symptĂŽme, le symptĂŽme qui est autre chose, mais soutenu aussi par un contexte. Câest le tissage du contexte qui va nous permettre dâarticuler sâil sâagit dâune lettre ou dâun mot. Dâailleurs il y a tout un apprentissage qui nous a Ă©tĂ© nĂ©cessaire pour arriver Ă la distinction de la lettre et du mot.
On a aussi un contexte avec « RĂ©el, Symbolique, Imaginaire » puisque la question â et câest probablement ce quâon peut entendre de ce qui est articulĂ© dans ce sĂ©minaire â câest que lâarticulation du RĂ©el, du Symbolique et de lâImaginaire donnĂ©e en nĆud borromĂ©en (NĆud Bo) est portĂ©e par la nomination : RĂ©el, Symbolique, Imaginaire.
Le RĂ©el, pas plus que la lettre R, nâĂ©chappe au tissage du contexte.
Â

NĆud borromĂ©en
câest-Ă -dire de ce qui dans sa â le mot qui me vient câest nature : ce nâest peut-ĂȘtre pas le bon mot â mais ce qui dans sa nature articule le RĂ©el en tant que tel âvous voyez, on est obligĂ© dâemployer des phrases « en tant que tel » â est quelque chose qui est dĂ©jĂ pris dans RĂ©el, Symbolique, Imaginaire.
Donc le rĂ©el du rĂ©el, le symbolique du rĂ©el, etc., le symbolique du rĂ©el ce nâest pas ce rond-lĂ (le rond R), câest le fait que le RĂ©el lui-mĂȘme â dans lâapproche que nous en faisons â eh bien est dĂ©jĂ marquĂ© par son contexte RĂ©el, Symbolique, Imaginaire.
Ce qui sâarticule tout Ă fait avec ce que Lacan nous dit : il nây a pas de mĂ©talangage.
Sâil y avait mĂ©talangage, on serait capable de sortir le RĂ©el. Câest dâailleurs ce que fait la religion, par exemple. Mais quâil nây ait pas de mĂ©talangage veut dire que câest dĂ©jĂ pris dedans.
Et câest ce qui fait quâil nây a pas dâinterprĂ©tation dĂ©finitive.
Sâil y avait, dans lâanalyse, interprĂ©tation dĂ©finitive, ça poserait quelque chose qui viendrait faire mĂ©ta : mĂ©talangage, quelque chose qui viendrait lĂ , boucler une parole, une parole qui est nĂ©cessairement une parole en devenir. Câest parce quâil nây a pas dâinterprĂ©tation dĂ©finitive que cette interprĂ©tation dans lâanalyse est toujours en fait proposĂ©e ; et elle est proposĂ©e dans cet espace en coupure.
Ceci nous questionne sur la place des nĆuds dans le sĂ©minaire Le Sinthome. Par exemple : est-ce que ces nĆuds viennent faire mĂ©talangage ? Est-ce que ça viendrait faire dĂ©monstration ?
En fait la maniĂšre dont Lacan dĂ©veloppe, dĂ©ploie les nĆuds est sous la forme dâun travail, dâun travail dâatelier. Dans le dĂ©veloppement quâil donne en rĂ©ponse Ă la question du modĂšle Ă la fin de la leçon II du Sinthome, Lacan nous dit Ă propos du nĆud de trĂšfle quâil a fait une trouvaille, câest-Ă -dire⊠je vous lis ce passage :
Le nĆud que vous pouvez faire avec nâimporte quelle corde, la plus simple, câest le mĂȘme nĆud, quoiquâil nâait pas le mĂȘme aspectâŠ
- donc vous voyez : câest ce schĂ©ma[1] oĂč vous avez deux reprĂ©sentations du nĆud de trĂšfle. Alors ce nĆud de trĂšfle, Lacan nous dit :
Je me suis attachĂ© Ă penser Ă ceci dont jâavais fait, disons, la trouvaille â en caractĂšre gras, â Ă savoir quâavec ce nĆud tel quâil est montrĂ© lĂ , il est facile de dĂ©montrer quâil ex-siste un nĆud borromĂ©en
« quâil ex-siste un nĆud borromĂ©en[2] », câest-Ă -dire que par rapport au nĆud de trĂšfle, on peut faire ex-sister un nĆud borromĂ©en. ça câest tout Ă fait intĂ©ressant Ă©tant donnĂ© ce que Lacan va faire du nĆud de trĂšfle dans Le Sinthome et puis du nĆud borromĂ©en quâil avait dĂ©jĂ introduit.
Je continue :
Il y suffit de penser que vous pouvez rendre sous-jacent sur une surface qui est cette surface double sans laquelle nous ne saurions Ă©crire quoi que ce soit concernant les nĆuds,
câest-Ă -dire que le nĆud, câest une mise Ă plat, une mise Ă plat Ă propos de laquelle nous Ă©crivons. Il y a donc cette page dâĂ©criture, quâil nous indique ici comme sous-jacente
nous ne saurions Ă©crire quoi que ce soit concernant les nĆuds, sur une surface donc sous-jacente, vous mettez le mĂȘme nĆud.
Bien entendu, quand vous avez rencontrĂ© ce passage, en lisant Le Sinthome, vous avez sorti une feuille de papier pour essayer de travailler ça ? Parce que ce nâest pas pour aller Ă la campagne quâil nous raconte cela ! Il ajoute, et ça câest peut-ĂȘtre un peu dĂ©concertant :
Il est trĂšs facile de rĂ©aliser, je veux dire, par une Ă©criture, ceci, quâen faisant passer successivement, je veux dire Ă chaque Ă©tape, un troisiĂšme nĆud Ă trois, successivement, et câest facile ça, Ă imaginer !
il insiste là , hein !
ça sâimagine pas tout de suite
ah, quand mĂȘme !, il a dĂ» sentir chez lâauditoire une certaine rĂ©ticence lĂ
puisquâil a fallu que jâen fasse la trouvaille â faire passer un nĆud homologue sous le nĆud sous-jacent, et sur, Ă chaque Ă©tape, le nĆud quejâappellerai, lĂ , sur-jacent,
ceci, donc, rĂ©alise aisĂ©ment un nĆud borromĂ©en.
Comme aprĂšs il pose le problĂšme avec un nĆud Ă 4 et quâil a dit sâĂȘtre cassĂ© la tĂȘte pendant tout lâĂ©tĂ© et que ça nous a produit ce magnifique schĂ©ma[3], dont je suppose que vous avez rapidement tournĂ© la page en le voyant. Bon on ne va peut-ĂȘtre pas travailler cela aujourdâhui, dâailleurs je pense que je serai aussi embarrassĂ© que vous.
Mais je voudrais quand mĂȘme avancer un peu sur le passage oĂč il nous dit que câest facile, oĂč il a fait la trouvaille : on va essayer. Bon, alors, pour ça, eh bien, on va le prendre Ă la lettre ; prendre Ă la lettre, câest pas mal.
Il nous faut donc dessiner un nĆud de trĂšfle.
Vous savez, ces choses-lĂ , câest aussi un travail, je dirais, dâimprĂ©gnation, câest-Ă -dire que quand vous travaillez les nĆuds, vous pouvez Ă©videmment copier le dessin, qui est lĂ , mais je vous invite Ă le travailler aussi avec des ficelles et aussi avec la page blanche : vous mettez la page blanche et vous essayez de redessiner le nĆud.
Quand je vous avais dit que ça doit pouvoir se dessiner les yeux fermés !
Donc, je ne vais pas fermer les yeux lĂ puisqueâŠ, en plus comme je suis obligĂ© de me tourner face au tableau, vous ne pourriez pas voir sâils sont vraiment fermĂ©s, mais enfin⊠(rires)
Un nĆud de trĂšfle, câest 3 temps, Lacan nous parle de ces trois temps. Je vais mettre mon dessin de façon un peu plus centrale, Ă©tant donnĂ© ce qui va venir autour tout Ă lâheure. Donc un nĆud de trĂšfle, câest ça (une sorte dâoreille) trois fois.

Dessin de la troisiĂšme oreille (troisiĂšme temps)
Lacan nous dit quâil va mettre 2 nĆuds de trĂšfle, lâun sous lâautre.
Comment dessiner un nĆud de trĂšfle sous celui-ci ? ⊠Puisquâil nâen a pas donnĂ© le dessin suivons le texte. Il nous dit quâil lâa fait, et que câest facile. Je nây suis pas arrivĂ© du premier coup; jâai fait plusieurs essais avant dâarriver Ă une reprĂ©sentation des textes. On va voir si elle nous permet vraiment de travailler ça⊠Il ne faut pas oublier que quand nous dessinons cela, comme Jean Brini lâa bien introduit dans ce quâil a Ă©crit, il ne faut pas oublier lâĆil qui regarde, qui regarde, ça, câest-Ă -dire que c'est dessinĂ© dâun point de vue.
Toute la question c'est que ce point de vue est lui-mĂȘme inclus dans le schĂ©ma. Toute mise Ă plat implique un point de vue.
Jâavais commencĂ© en prenant un point de vue un peu dĂ©calĂ©, un peu sur le cĂŽtĂ©. Ăa faisait deux nĆuds de trĂšfle intriquĂ©s lâun dans lâautre, avec un nombre de dessus/dessous finalement plus difficile Ă traiter par la suite. Mais il y a un angle de vue oĂč les figures sont plus simples avec moins de croisements.
Câest prĂ©cisĂ©ment pour ça que quelquâun vient en analyse ; câest pour dĂ©placer son angle de vue et voir un certain nombre de nouages se simplifier.
Le point de vue que je vais choisir lĂ , câest celui qui est le point de vue de dessus, comme si vous aviez un cĂŽne. Le point de vue du dessus ça vous permet de voir le sommet du cĂŽne et ça vous permet de voir la base de ce cĂŽne.
Le dessin du nĆud de trĂšfle quâon vient de faire va ĂȘtre considĂ©rĂ© comme Ă©tant plus haut que le dessin que nous allons faire du second nĆud de trĂšfle qui va ĂȘtre plus bas. Puisque que câest un peu comme si câĂ©tait sur un cĂŽne, on va le mettre plus large, si vous voulez, que le premier. Cette prĂ©sentation ne change rien Ă la nature topologique de lâobjet en question puisque, vous le savez, lâobjet y a toute la souplesse que lâon souhaite.

Dessin de la premiĂšre oreille du second nĆud (premier temps)
Le nĆud de trĂšfle, câest 3 temps. Câest ce quâon va faire : les 3 temps.
On va travailler tout Ă lâheure surâŠ, je vais prendre un peu plus large ici, voilĂ âŠ, jusque-lĂ âŠÂ ; câest pas ce que jâavais fait, non câest un peu trop large ici, vous voyez, je me suis Ă©garĂ©. Je me suis Ă©garĂ© parce que lĂ âŠ, je peux trĂšs bien faire un nĆud de trĂšfle qui est tellement large que⊠en fait on a 2 nĆuds de trĂšfle et on ne verrait pas oĂč on pourrait faire le travail de tricotage que fait Lacan du dessus et du dessous.
Bon, alors je ne me suis pas mis Ă la bonne distance ; je vais reprendre ça avecâŠ, en me mettant Ă ce qu'on va appeler une bonne distance, ce qui permet de suivre Ă une certaine distance le premier trajet.
Et vous voyez ici que si je faisais uniquement le nĆud de trĂšfle rouge, je ne devrais pas lever la main. Mais lĂ , je vais lever la main au titre de la sous-jacence, de ce nĆud de trĂšfle : celui-ci, le rouge est sous-jacent, et le nĆud vert est sur-jacentâŠ, voilĂ . (voir le dessin complet du second nĆud de trĂšfle).
Donc ici, je passe sous ce nĆud-lĂ , jâarrive ici ; et lĂ je dois je dois lever la main au titre du nĆud rouge, voilĂ . Jâavais fait ça ici, et donc ça, je le refais ici, voilĂ .
Si je passe lĂ au titre de nĆud rouge lĂ câest sous-jacent, je dois lever la main, voilĂ , et jâarrive ici oĂč je dois faire une coupure au titre du nĆud rouge.
Je suis dans la dĂ©marche de tracer un nĆud de trĂšfle rouge avec ses 3 temps.
Mais Ă chaque fois que je rencontre le premier nĆud sur-jacent (vert), je dois, je dirais, lui laisser le fait dâĂȘtre au-dessus.
V. H. : Et tu nâas pas besoin de la premiĂšre coupure-lĂ ?⊠la petite-lĂ Â ?
H. C.L. : Eh bien, câest trĂšs bien ; il y en a qui suivent : oui, oui, tout Ă fait, je nâai pas de coupure ici, câest bien ça.
V. H. : Parce que tu trouves le rouge lui-mĂȘme... en bas oui parce que c'est trois oreilles
H. C.L. : Je vais en avoir besoin en bas mais lĂ je nâen ai effectivement pas besoin.
Donc câest important quand vous dessinez ça que vous repĂ©riez que ça nâest pas un gribouillage comme fait lâenfant qui trace ses traits. Il y a lĂ une structure qui est Ă©crite : câest en ce sens-lĂ dâailleurs que le nĆud câest une Ă©criture.
La coupure vient lĂ naturellement laisser passer ce trait du rond rougeâŠ, et ici jâai la troisiĂšme oreille qui est lĂ âŠ, et qui passe en-dessous et qui sâarrĂȘte lĂ , voilĂ .

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Dessin complet du second nĆud de trĂšfle
Est-ce que vous avez des questions là -dessus ?
V. H. : Il est vraiment sous-jacent !
H. C.L. : Il est vraiment sous-jacent, les deux nĆuds de trĂšfle ne sont pas reliĂ©s, pas du tout.
Câest un peu comme si on Ă©tait dans les ronds borromĂ©ens ; on commence par poser un premier rond et puis un deuxiĂšme. La diffĂ©rence câest que lĂ ce n'est pas un rond que lâon pose au-dessus dâun autre, câest un nĆud de trĂšfle que lâon pose lâun sur un autre nĆud de trĂšfle.
Si vous le faites avec une corde, vous faites un premier nĆud de trĂšfle, vous en faites un second et vous les posez lâun sur lâautre. VoilĂ . Câest lĂ oĂč on en est.
La question de Lacan, sa trouvaille, dont il ne nous donne pas le dessin, câest de faire passer un troisiĂšme nĆud de trĂšfle dâune maniĂšre borromĂ©enne, câest-Ă -dire qui lie les deux nĆuds de trĂšfle que lâon vient de poser lâun sur lâautre, de telle façon que si on coupe â par la suite â lâun quelconque des trois nĆuds de trĂšfle, les deux autres nĆuds de trĂšfle se libĂšrent, câest-Ă -dire que tout en restant nĆuds de trĂšfle ils deviennent non liĂ©s.
VoilĂ . Relisons la phrase de Lacan qui nous donne la façon dont il sây est pris :
Il est trĂšs facile de rĂ©aliser, je veux dire, par une Ă©criture, ceci, quâen faisant passer successivement, je veux dire Ă chaque Ă©tape, un troisiĂšme nĆud Ă trois, â nĆud Ă trois, câest le nom quâil donne au nĆud de trĂšfle â successivement, et câest facile, ça, Ă imaginer ! â ça sâimagine pas tout de suite puisquâil a fallu que jâen fasse la trouvaille â faire passer un nĆud homologue sous le nĆud sous-jacent, et sur, Ă chaque Ă©tape, le nĆud que jâappellerai, lĂ , sur-jacent, ceci, donc, rĂ©alise aisĂ©ment un nĆud borromĂ©en.
V. H. : Je nâai pas compris.
H. C.L. : Tu nâas pas compris, bon : les mots importants dans cette phrase, câest dâabord Ă chaque Ă©tape, â il y a donc une notion dâĂ©tapes â et la rĂ©alisation de la borromĂ©nnéïsation âqui est de faire passer au-dessus de celui qui est au-dessus et en-dessous de celui qui est en-dessous.
Pierre CoĂ«rchon : Câest la mĂȘme propriĂ©tĂ© quâavec les cercles dans le nĆud borromĂ©en Ă 3.
H. C.L. : Exactement. Câest ça.
Ce que Lacan nous propose lĂ , câest de tracer un nĆud de trĂšfle en suivant la rĂšgle Ă chaque Ă©tape de lâauâdessus de celui qui est au-dessus et de lâen-dessous de celui qui est en-dessous.
LĂ aussi, je nâai pas trouvĂ© tout de suite ; dâailleurs je ne sais pas si jâai trouvĂ© quelque choseâŠ, on va voir. Jâavais commencĂ© Ă faire les dessus/dessous ici, câest-Ă -dire par dessiner un nĆud de trĂšfle vert et puis dessous un nĆud de trĂšfle rouge en faisant Ă peu prĂšs la mĂȘme erreur de point de vue que jâavais imaginĂ© au dĂ©part. Et pourquoi ça posait problĂšme ça ?
A cause du « à  chaque étape ».
Les étapes, ici, elles sont clairement visibles dans le tracé final. Nous avons bien vu que quand on a fait le trait vert, on a fait une étape, une deuxiÚme étape et une troisiÚme étape qui vient coudre les deux premiÚres étapes.
Les Ă©tapes, ce sont prĂ©cisĂ©ment les moments oĂč va se dĂ©cider un dessus ou un dessous.
Eh bien, si nous regardons cette figure, ce que nous pouvons repĂ©rer, câest, prĂ©cisĂ©ment, que nous avons ici une bande. Imaginons un instant que ce soit une bande. On pourrait trĂšs bien, quasiment, la transformer au niveau du dessin par un jeu dâombre par exemple, en un nĆud de trĂšfle qui serait alors reprĂ©sentĂ© par une surface, la surface de cette bande qui passe dessus/dessous. Sauf que vous voyez aux les bordures, il y aurait conflit, entre dĂ©cider si on passe au-dessus ou en-dessous.
Mais nĂ©anmoins nous avons lĂ une aire dans laquelle on peut se tracer un troisiĂšme nĆud de trĂšfle : câest « lâaire » comprise entre le rond vert et le rond rouge dans le schĂ©ma repris ci-dessous :

Â
Aire entre les deux nĆuds de trĂšfle
Câest donc ce que je vous propose ; que nous tracions le troisiĂšme nĆud de trĂšfle dans cette aire-lĂ en interrogeant Ă chaque Ă©tape la question du dessus-dessous. Cette aire nâa pas dâexistence topologique. Elle nâest lĂ que pour servir de support Ă notre imagination toujours trop gourmande et quâil nous faut bien nourrir de temps en temps ne serait-ce que pour endormir la lancinante question du sens. On verra Ă lâarrivĂ©e que cette « aire » ne prĂ©sente aucune nĂ©cessité : on pourrait aussi bien faire sans.
Il sâagit de passer sous celui qui est sous-jacent et sur celui qui est sur-jacent.
Prenons un point de départ ici. Le premier geste de traçage de la premiÚre oreille sera la premiÚre étape.
Donc, ici on trace cette oreille, sachant quâon est parti sous celui qui est sous-jacent.
Si je suis en-dessous, je passe ici en-dessous : je dois lever le trait pour indiquer que je suis en-dessous du sous-jacent. Et ici, je vais passer sur celui qui est sur-jacent : donc, voilĂ , je passe sur celui qui est sur-jacent. Ici, il y a un arrĂȘt que je dois faire, qui marque cette premiĂšre Ă©tape au titre du nĆud de trĂšfle que je suis en train de tracer (fin de la premiĂšre oreille) : donc il y a lĂ une coupure. Et je continue : Ă©tant passĂ© sur celui qui est sur-jacent, je passe maintenant sous celui qui est sous-jacent : alors, voilĂ .
Une fois quâon a compris ça, il suffit de continuer le tracĂ©.
Donc lĂ , je passe oĂč ? Dessus ou dessous ?
En dessous, puisque je dois ĂȘtre sous celui qui est sous-jacent, voilĂ , et puis je continue et ici, sur celui qui est sur-jacent. Je passe sur.
VoilĂ , pour aller vers (fin de la deuxiĂšme oreille) le troisiĂšme temps : je passe sur celui qui est sur-jacent. Et le troisiĂšme temps⊠eh bien c'est la rencontre de lĂ oĂč j'Ă©tais tout Ă lâheure, et maintenant je continue⊠et lĂ on passe sous celui qui est sous-jacent.
LĂ , surâŠ, enfin, câest au titre du nĆud de trĂšfle que je suis en train de tracer. LĂ , on passe au-dessusâŠ
Donc, on passe au-dessus de celui qui est sur-jacent et on arrive ici.
On passe au-dessus de celui qui est sur-jacent et en-dessous celui qui est sous-jacent.

Trois nĆuds de trĂšfle liĂ©s borromĂ©ennement
Si nous ne regardons que le nĆud bleu avec un Ćil qui filtrerait les couleurs, nous avons bien lĂ un nĆud de trĂšfle.
Ce nĆud de trĂšfle est tricotĂ© de telle maniĂšre que il ne rend plus possible de retirer le rond rouge. Câest vrai pour les autres : nous obtenons un nĆud de nature borromĂ©enne.
V. H. : Eh bien, bravo.
H. C.L. : Alors, bon, çaâŠ, je dirai quâĂ ce stade, soit vous le travaillez par des dessins, soit Ă lâaide de brins. Avec les brins vous avez cet avantage que Ă un moment donnĂ© on voit bien si ça continue de tenir ou pas. Ăa pourrait se faire aussi en lisant simplement la figure.
VoilĂ ce travail sur lâarticulation dont Lacan a fait la trouvaille. Câest intĂ©ressant â au-delĂ de la topologie â de se poser la question de savoir pourquoi il a cherchĂ© Ă articuler borromĂ©ennement trois nĆuds de trĂšfle.
Est-ce que vous avez des questions sur le travail quâon vient de faire ?
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Ălisabeth Olla-La Selve : Moi, je me demandais... pour faire le troisiĂšme, comment vous avez dĂ©terminĂ© un point de dĂ©part ?
H. C.L. : Ah !, ça câest trĂšs bien : une trĂšs bonne question.
Eh bien le point de dĂ©part, ça se dĂ©termine, je dirais dans cette topologie-lĂ Ă peu prĂšs exactement comme le point de dĂ©part dâune analyse, câest-Ă -dire que le point de dĂ©part dâune analyse il est contingent. Que ce soit ce point-lĂ ou celui-lĂ , le travail qui est fait dans lâanalyse câest prĂ©cisĂ©ment un travail de repĂ©rage de structure. La topologie nous enseigne que le point de dĂ©part â en termes de topologie â nâa pas dâimportance spĂ©cifique. Ce qui est important câest quâĂ un moment donnĂ© il y ait un retour sur ce point de dĂ©part puisque câest lĂ , Ă ce moment-lĂ que quelque chose de la structure va pouvoir sâarticuler.
Donc, le point de dĂ©part je lâai pris lĂ , je dirais par faiblesse, enfin⊠je ne sais pas, je lâai mis lĂ , je nâose pas dire par hasard, on sait bien que câest jamais ça, mais voilĂ , il est lĂ . Il est là ⊠parce que je suis droitier, voilĂ .
V. H. : Une toute petite remarque, câest-Ă -dire que tu pars avec une mĂ©thode dans lâĂ©criture du nĆud de trĂšfle avec les trois oreilles. Pour moi câest fondamental, je nâavais⊠bon, siâŠ, parce quâil y a cette façon de sây prendre avec lâĂ©criture qui rend possible toute la construction aprĂšs. Puis ce que je vois câest que par rapport au nĆud borromĂ©en â si on le compare avec le nĆud borromĂ©en â on a beaucoup plus de champs, dâaires dans chaque coincement⊠lâaire centrale dans cette Ă©criture est bordĂ©e par une seule couleur, la tripartite disons, ou alors câest les trois, trois consistances tout le temps qui borderaient ce champ central. Et puis apparaissent ces espĂšces dâĂ©troits tissages parce que câest vraiment des tissages dans chaque coincement â ce sont les plans des tissages, ça â qui ajoutent des nouvelles surfaces, des nouvelles aires. Si on pense au nĆud borromĂ©en on aurait le symbolique, l'imaginaire et les jouissances etc. LĂ câestâŠ, je ne sais pas, je me demande comment⊠est-ce que chaque coincement, chaque petite aire dans le coincement nous renverrait Ă quelque chose, on peutâŠ, tu vois..?
H. C.L. : Eh bien, câest une question qui peut ĂȘtre⊠une question de recherche, tout Ă fait.
Je dirai deux choses dans ce que jâentends dans ta question.
La premiĂšre câest le repĂ©rage des Ă©tapes. Jâaimerais employer Ă ce propos le terme de lettre. JâĂ©cris une lettre. Et puis, il y a un mot qui finalement sâĂ©crit⊠qui est le nĆud de trĂšfle.
Ăa veut effectivement dire que pour analyser, il est souhaitable de repĂ©rer quelque chose de la lettre qui travaille lĂ . Je prĂ©fĂšre le dire comme cela plutĂŽt que de parler de mĂ©thode.
Ce nâest pas venu comme ça, je veux dire, câest⊠en dessinant, en voyant les impasses quâĂ un moment donnĂ©, ça se prĂ©sente sous une forme lisible. Câest donc quâil y a un repĂ©rage de quelque chose de lâordre de la lettre.
Ăa câest une chose. Lâautre câest de remplir les surfaces.
Remplir les surfaces, comme le fait Lacan, les jouissances, le phallus, etc., câest une Ă©criture. C'est quelque chose qui relĂšve dâune Ă©nonciation, câest-Ă -dire que ça engage Lacan, et tous ceux qui veulent bien le lire comme cela, mais ça ne relĂšve pas de la topologie. Câest simplement quâil y a lĂ , je dirais des concepts freudiens, lacaniens que Lacan choisit dâĂ©crire sur cette topologie, mais ça ne se dĂ©duit pas de la topologie elle-mĂȘme, si ce nâest que la topologie a cet intĂ©rĂȘt de nous montrer des impossibles. Câest en ce sens lĂ que ça touche Ă du rĂ©el.
JâĂ©tais rĂ©cemment dans une petite rĂ©union d'un laboratoire qui sâappelle interdisciplinaire et il y a un spĂ©cialiste qui nous prĂ©sentait lâhistoire des mathĂ©matiques. Il avait cette question au dĂ©part de dire que la physique câest la science du mouvement, la biologie câest la science du vivant, etc. et il demandait de quoi les mathĂ©matiques sont la science ? Il a dĂ©ployĂ© ça Ă propos du mathĂ©maticien français Evariste Galois, câĂ©tait extrĂȘmement intĂ©ressant. Jâai Ă©videmment, rappelĂ© Ă la fin que, pour Lacan, les mathĂ©matiques câest la science du RĂ©el. Dans ce milieu scientifique le RĂ©el est tout de suite confondu avec la rĂ©alitĂ© et je sens quâil va y avoir â et câest intĂ©ressant, ces espaces dâĂ©changes â un travail Ă faire pour arriver Ă faire entendre le RĂ©el de Lacan, Ă commencer par le « RĂ©el câest lâimpossible », ce qui va, je lâespĂšre, questionner aussi les physiciens.
Ce qui est intĂ©ressant dans la topologie câest quâelle fait ressortir justement des impossibles, câest-Ă -dire quâon ne peut plus dire nâimporte quoi⊠en prenant cela comme un dessin qui serait justement un gribouillage ; non. Il y a les articulations que nous permet la topologie. Et câest lâintĂ©rĂȘt de travailler la topologie pour nous, câest de rencontrer des structures. Et les structures, les structures dâun patient aussi bien, sont constituĂ©es dâimpossibles qui confirment cette articulation de structures.
Y : Juste une remarque, je trouve que le geste de dessiner que vous venez de faire n'est pas du tout le mĂȘme que celui de tresser⊠au fond on ne sây prend pas de la mĂȘme façon.
H. C.L : Oui, il y en a un qui est clairement du cĂŽtĂ© de l'Ă©criture. Et il y a l'autre qui est du cĂŽtĂ© du... tissage, je nâai pas de meilleur mot.
J. Brini : Câest une remarque. C'est que ce dessin est admirable, parce que Lacan le dit mais il ne le fait pas, et c'est formidable. Alors je voulais simplement dire une chose. Par ce dessin, Lacan ne rĂ©sout pas le problĂšme "comment nouer borromĂ©ennement trois nĆuds de trĂšfle".
V. H. : Pourquoi, tu dis...
J. Brini : Parce que le problĂšme "comment nouer borromĂ©ennement trois nĆuds de trĂšfle", c'est un problĂšme trĂšs simple, beaucoup plus simple que ça. Parce quâil suffit de tirer une boucle de chacun des trois et puis de les articuler borromĂ©ennement. Et ça va faire un petit nĆud borromĂ©en avec les trois nĆuds de trĂšfle rejetĂ©s Ă l'extĂ©rieur. C'est-Ă -dire qu'on peut nouer borromĂ©ennement Ă condition de couper et de renouer, n'importe quel nĆud avec n'importe quel nĆud. Il suffit de tirer une boucle de chacun des nĆuds.
V.H. : Oui
J. B. : Et ça c'est pratiquement Ă©vident, imaginairement. Lacan rĂ©sout ici quelque chose... Mais Ă ce moment-lĂ ce qu'on aurait c'est trois nĆuds de trĂšfle plus une partie borromĂ©enne. Ce qu'il rĂ©sout ici c'est comment nouer borromĂ©ennement trois nĆuds de trĂšfle, qui chacun ont leurs lieux de coinçage de telle façon que ces lieux de coinçage coĂŻncident. Et ça c'est beaucoup plus coton. C'est-Ă -dire que chaque nĆud de trĂšfle a un centre, un centre qui est un triskel qui coince, exactement comme un nĆud borromĂ©en. Ici les trois centres des trois nĆuds de trĂšfle coĂŻncident. Et donc le problĂšme que rĂ©sout Lacan avec ce dessin que nous a fait Henri, est un problĂšme qui peut s'Ă©noncer de la façon suivante : comment nouer, borromĂ©ennement trois nĆuds de trĂšfle de telle façon que leurs centres coĂŻncident ? Et ça, c'est la deuxiĂšme remarque que je voulais te faire. ça rejoint de façon formidable, ça rĂ©sonne de façon formidable la question que Michel Jeanvoine a abordĂ©e aux JournĂ©es d'Ă©tĂ© l'an dernier, qui Ă©tait grosso modo, je rĂ©sume trĂšs grossiĂšrement : l'apologue des trois prisonniers est un problĂšme borromĂ©en, est un tressage borromĂ©en, est une opĂ©ration borromĂ©enne. Et câest ce quâillustre ce dessin qui me fait dire ça, me semble-t-il, mais il faudrait aller dans les dĂ©tails, c'est que trĂšs prĂ©cisĂ©ment ce qui se dĂ©roule au rythme de la danse des trois prisonniers c'est la mise en place d'un seul objet. Ils sortent Ă trois, d'un seul coup. Et c'est ça, me semble-t-il, le dessin qui correspond au discours de Michel Jeanvoine l'an dernier. VoilĂ mes deux remarques.
H. C.L. : Merci.
V. H. : Cette Ă©criture-lĂ , on ne va pas parler de dessin, elle est simplifiable. Il y a des croisements qui ne sont pas nĂ©cessaires. Et je me demande si, simplifiant cette construction, c'est une construction, on n'arriverait pas Ă ce que tu dis ? Faut vĂ©rifier. Je ne sais pas non plus. Mais tu vois toute la boucle bleue en haut, on peut la descendre, les deux croisements n'en deviendraient qu'un seul, tu vois? La boucle bleue en bas Ă gauche aussi... c'est-Ă -dire que câest... on peut diminuer le nombre deâŠ
J. B. : Alors lĂ c'est un problĂšme vraiment trĂšs, trĂšs rude que tu poses, câest : les deux dessins sont-ils Ă©quivalents ?
V. H. : VoilĂ , c'est ça la question. Mais il faut le faireâŠ
J. B. : Le dessin de droite, celui de Henri, il a 3x9, 27 points d'intersections.
V. H. : Mais, il y en a qui sont superfétatoires. Voilà .
J. B. : ça c'est vraiment un trÚs gros problÚme d'établir ou de ne pas établir l'équivalence des deux.
V. H. : Regarde le bleu, là et là , ça veut dire que tu peux les descendre, là et là , hein.
J. B. : Oui mais ça câest un problĂšmeâŠOn ne va pas le rĂ©soudre aujourd'hui Virginia !
V. H. : Le vert aussi, on peut les déplacer là . Je veux dire on peut les simplifier à moins de croisements.
J. B. : On peut diminuer le nombre de points d'intersection, on peut faire du Reidemeister sur le dessin de Henri, avec l'espoir d'arriver au dessin d... mais c'est pas évident.
H. C.L. : D'ailleurs la simplification, parfois, déplace en fait la complexité.
V. H. : Mais oui...
H. C.L. : Oui ?
Elsa Caruelle : Moi quand j'entends ça, la question que j'ai est toujours... uniquement... si l'Ă©criture c'est plus la mĂȘme, est-ce qu'on a encore affaire Ă , est-ce que si on rĂ©duit, enfin, Ă quelque chose de... est-ce que pour autant cliniquement on a encore affaire Ă la mĂȘme chose ? Moi j'ai tendance Ă dire que si on a deux Ă©critures diffĂ©rentes, on n'a pas affaire Ă la mĂȘme chose dans la clinique.
H. C.L. : C'est une question tout à fait intéressante. Et on pourrait travailler ça.
J. B. : Je peux donner un petit Ă©lĂ©ment de rĂ©ponse ? On a travaillĂ© avant-hier soir en groupe le texte de Patronymies concernant les amnĂ©sies d'identitĂ©. Et on a travaillĂ© sur des reprĂ©sentations nodales de cet Ă©vĂ©nement, une amnĂ©sie d'identitĂ©, qui a ceci de particulier qu'elle rĂ©gresse spontanĂ©ment. ça veut dire qu'il y a deux Ă©tats. Que l'un peut se transformer dans l'autre. Le nĆud fondamentalement ne change pas. Son Ă©criture n'est pas la mĂȘme et cliniquement ça fait quelque chose de diffĂ©rent. C'est une petite bribe de rĂ©ponse possible. Il y a des choses qui sont accessibles par simple glissement du mĂȘme nĆud et qui sont cliniquement diffĂ©rentes, que nous pouvons diffĂ©rencier. Et d'autres qui sont littĂ©ralement inaccessibles Ă un sujet tant que son nĆud est constituĂ© de telle ou de telle maniĂšre. C'est une hypothĂšse, c'est une hypothĂšse de travail. Bon, ceux qui Ă©taient au groupe peuvent dire quâil y avait quelque chose de plausible dans cette formulation-lĂ . Je n'irai pas plus loin.
H. C.L. : TrĂšs bien, on peut peut-ĂȘtre arrĂȘter lĂ . Merci beaucoup.
Transcription de la Mathinée lacanienne du 8 février 2014 : Georges SchmitRelecture : Monique de Lagontrie
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[1] Jacques Lacan, Le Sinthome, séminaire 1975-1976, nouvelle transcription, A.L.I., Publication hors commerce, 2012, Leçon du 9 décembre 1975, p. 40-41
[2] Les mathĂ©maticiens appellent un nĆud, une seule consistance par exemple le nĆud de trĂšfle ou le nĆud en huit ; on devrait parler de chaĂźne borromĂ©enne, mais câest notre façon de dire et on va lâadopter bien sĂ»r.
[3] Quatre NĆuds Ă 3